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Présentation.

Je m'appelle Manon, jeune normande de 15 ans née un 15 février, à Caen. Des parents aimants, un grand frère, trois grandes soeurs, et une plante verte. Quoi de plus normal?Depuis quelques années déjà, je ne savais ce que je voulais faire.Et puis d'un coup, j'ai trouvé comme si c'était juste devant moi.Je veux écrire. Sentir le stylo glisser sur la feuille qui se remplit au fur et à mesure, pour tracer une histoire. Une histoire que j'ai imaginé, qui m'appartient. Et qui peut, peut-être, faire rêver les autres.

Sur ce blog d'infortune, je vais mettre mes textes. Nouvelles, fanfictions, ou juste des petits textes écrits entre deux coups de feu...
Ce n'est pas mon blog personnel. Il est ici.

Mes blogs coups de coeur; Sakka-Kawazu-Holydon

Des prévenus?

Première S.I, me voilà!

Sommaire:
- Tranches de vie Nouvel article
- Départ
- Disparition
Chronique des songes; 1 - 2
- Intime Conviction Nouvel article en attente d'une meilleure photo

Mes fanfictions:
- The way of the another world => Jacob décide de rompre le traité pour sauver une jeune fille suicidaire.
- Un auteur dans sa fic => Un accident, une arrivée fracassante à Konoha...
- Les 100 drabbles vampiriques =>Ptitemanou vous présente 100 drabbles sur la vie plus ou moins quotidienne et humoristique presque tout le temps de nos chers amis humains, vampires et loups-garous de surcroît.
- Patched Hearts=>Bella est partie, avec tous les Cullen, et Jacob est seul. Seul face à ses problèmes, et tourmenté par une chose/personne qui semble en vouloir à la meute, une chose/personne meurtrie...
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#Posté le dimanche 24 janvier 2010 05:16

Modifié le mardi 13 juillet 2010 00:53

Chronique des songes

" As-tu déjà volé?"
" Non"
" Moi, si!" répondit la jeune femme à la longue crinière blonde avec un demi-sourire.

Je cours sur une route interminable. C'est froid, c'est blanc. C'est enneigé.Il n'y a rien devant moi, juste cette route droite qui n'aboutit sur rien et qui vient de rien. Le vide total. Je vois juste le macadam esquinté et le bleu du ciel.Je ne vois que ça. Je n'entends rien, je ne sens rien, je ne sais rien. Juste que je dois courir. Pour échapper à quoi? Je ne sais pas. Des arbres bordent la route, blanchis par leurs manteaux d'hiver. Leurs longues branches noires à la base s'entremêlent au dessus de moi. Entre le chemin et ces arbres, il n'y a qu'une barrière de barbelés. Une camionnette sale et rouillée cahote sur la mauvaise route. Je dois me cacher. Je ne sais pas pourquoi, mais je dois me cacher. Vite. Sinon... Sinon quoi, d'ailleurs? Je passe sous les barbelés et je me terre dans la neige, en sachant très bien que j'étais visible et que c'en était fini pour moi. Je ferme les yeux et j'entends la portière claquer devant moi. J'attends.
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#Posté le mercredi 27 janvier 2010 11:02

Modifié le mardi 16 février 2010 11:02

Disparition

" J'ai un secret à te confier."
" Ah bon?"
" Oui, mais chut, c'est un secret. Ne le répète à personne."
"Promis."
" Je suis un ange. Je veille et je veillerai sur toi, quoi qu'il arrive".

Il n'est plus là. A cause de moi, bien entendu. J'ai cru bon de ne plus lui parler, car je n'étais pas de bonne compagnie.
Mais il me manque cruellement. Le fait de me connecter le soir sur ma messagerie instantanée sans voir son pseudo dans la liste des connectés me manque. Le fait de m'endormir le soir en sachant que le lendemain il serait encore là me manque. Tout ce qui se rapporte à lui me manque.
J'ai comme un creux dans le coeur.
Et pourtant, alors que j'avance dans la foule du hall de la gare, il me semble l'apercevoir. Sa veste, son sac. Je reconnais même sa nuque dégagée et ses cheveux de jais. C'est lui.
J'essaie de me frayer un chemin à sa hauteur, heurtant les valises des voyageurs, trébuchant parfois, aussi. Je me rapproche de plus en plus, encore quelques pas, et je pourrais le toucher.
Il se retourne.
Non, ce n'est pas lui.
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#Posté le jeudi 28 janvier 2010 10:36

Modifié le samedi 30 janvier 2010 12:12

Tranches de vie

Mercredi 4 Aout
Plus qu'un mois de vacances. Je suis heureuse à l'idée de retrouver une vie plus " active" qui consiste a plus que lézarder sur la plage en écoutant de la musique, mais triste à l'idée que le temps nous file entre les doigts. Mais nous ne pouvons rien y faire, évidemment. On se contente juste d'essayer de le suivre, ce temps, sans le doubler, ni se laisser distancer.
Ca revient comme un boomerang en pleine figure, on ne s'y attends pas, et ça fait mal. Je ne veux pas que ça recommence, j'espère de tout coeur que ce sera bientôt fini. Vivre dans l'inquiétude n'est pas ce que j'aime le plus.
Evidemment, pour tout dire, je n'écris plus, du moins pour l'instant. Je ne sais plus quoi dire, comment faire sonner les phrases, comment donner du sens, faire une nouvelle bien organisée. Tout ça, j'ai du le laisser quelque part dans ma petite tête, et il va falloir du temps avant de retrouver tout ça. Beaucoup de temps. Je n'en ai même plus l'envie, tenir un stylo ne fait que me dire " Tu vois, tu essayes, et tu n'y arrives pas, laisse donc tomber, c'est bon pour tout le monde". Laisser tomber, tout simplement. Oui, c'est une bonne idée.

Semaine magnifique à l'Aiguillon sur Mer.

Les choses à faire:
- Ecrire et poster Patched Hearts 5
- Ecrire et poster Patched hearts 6
- Ecrire un chapitre de the way of the another world
- Ecrire un drabble.
- Voir Twilight 3
- Faire des recherches.
- Penser à cette fiction sur Twilight.
- Trier mes photos de vacances




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#Posté le vendredi 29 janvier 2010 10:22

Modifié le mercredi 04 août 2010 01:43

Départ

Mes yeux humides observaient avec attention les gouttelettes d'eau de pluie se frayer un chemin du coté extérieur de la vitre embuée de ma portière, à l'arrière du taxi. Je compte machinalement les kilomètres qui me séparent de toi. Le chiffre grandit toujours et encore, aussi logiquement que un et un font deux. Ce que j'aurais aimé te dire avant de partir m'est resté en travers de la gorge. Aucun son n'est sorti de ma bouche. Rien. J'ai paru bien ridicule devant toi. Peut-être le suis-je constamment, après tout. Peut-être ne suis-je pas faite pour ces choses là. Et je suis timide, oui, mais il faut de tout pour faire un monde.
Voilà, je pars loin. Loin de toi. Et je n'ai rien pu te dire.
Mes larmes salées ont décidé, malgré mes reticences, d'imiter les gouttes de pluie qui s'abattaient sur la vitre. Elles glissèrent le long de mes joues rosies et roulèrent tout du long de la peau diaphane de mon visage et de mon cou. Voilà que je pleure, maintenant! Le chauffeur du taxi me lançait des regards affolés de par son rétroviseur. Je me sens ridicule, encore une fois. Si je te l'avais dit, je ne serais pas en train de pleurer comme une fontaine, là, maintenant, et en public.
- Pourquoi pleurez vous, ma p'tite dame? La vie est belle! chanta d'une voix grave de ténor le vieil homme qui conduisait la voiture.
- Certes, oui. Acquiesçais-je entre deux larmes.
- Séchez moi ça. Un de perdu, dix de retrouvés, d'après ce qu'on dit.
- Oui, mais les dix de retrouvés ne valent pas celui de perdu.
- Peut-être... Chacun con opinion là-dessus. Mais vous êtes jeunes et jolie comme un coeur. Si j'avais vingt ans, je ferais tout pour vous garder. Allons bon, faîtes disparaître ces vilaines larmes.
- Merci... Répondis-je entre deux sanglots compulsifs.
La bonne humeur doit être certainement contagieuse car, quelques minutes après cette conversation inattendue, je m'étais ragaillardie. Après tout, il n'était pas trop tard. Du moins, pas encore. Je plongeais la main dans mon sac de cuir beige à la recherche de mon portable. Dès que j'eus posé les doigts dessus, je me précipitais pour t'écrire un message. Oui, c'est lâche, mais au moins, tu sauras ce que j'ai à te dire.
Je ne sais toujours pas pourquoi je ne te l'ai pas envoyé. Peut-être parce que mon taxi se garait en face des portes automatiques de l'aéroport.
J'enfouis mon portable dans la poche droite de ma parka et j'ouvris la portière, en n'oubliant pas mon sac à main. Le chauffeur m'avait devancée et me tendait déjà mes bagages qui, auparavant, reposaient dans le coffre étroit du taxi, et me souhaitait un bon voyage en me fixant de ses petits yeux bleus glacier. Je le remerciais et lui payait la course, plus un bon pourboire pour sa gentillesse.
Non, je ne ferais pas bon voyage car le compte des kilomètres qui me séparaient de toi allait encore s'allonger, et ensuite, j'oublierai les traits de ton visage si profondément ancré dans ma tête, et puis, j'oublierai ton nom.
Je t'oublierai. Et je ne veux pas.
Alors que je traversais le grand hall bondé de voyageurs, j'entendis, dans le brouhaha des conversations et des annonces sur les prochains vols qui retentissaient dans les hauts parleurs, mon portable sonner.
Tu as cru que j'allais faire le premier pas, tu as vu que l'heure H approchait, tu t'es impatienté, et tu m'as envoyé un message du même contexte que le mien, avec les mots que j'aurais voulu te prononcer et t'entendre prononcer à vive voix.
" Je t'aime, ne pars pas. Je ne veux pas que tu partes"
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#Posté le samedi 30 janvier 2010 12:04

Intime Conviction

Mes bottes de daim plates foulaient activement le sol, le bruit de mes pas étouffés par la neige immaculée qui tombait depuis quelques jours dans la région, recouvrant les toits des villes, les champs de campagne et les églises d'une fine pellicule poudreuse et blanche. Au début, le fait qu'il neige en Basse Normandie en avait surpris et émerveillé plus d'un dans la région, mais maintenant, on commençait à s'en lasser. Ces paysages froids et blancs commençaient à être pénibles. Tout était silencieux, les oiseaux se cachaient, bien au chaud et ne chantaient plus, et peu de voitures circulaient près de moi à cause de l'état des routes.
Etrange, aujourd'hui, j'ai l'impression que quelque chose de terrifiant va se passer. J'en suis certaine jusqu'au plus profond de moi.
De fines poussières glacées se mirent à virevolter comme de légères plumes d'oiseau dans le ciel, et j'accélérai un peu plus la cadence. Comme aujourd'hui, je finissais plus tôt, mes parents ont pris l'initiative de venir me chercher, dans le centre ville de Caen. Une fois de retour à la maison, peut-être me blottirai-je dans le canapé en compagnie d'un bon livre? J'avais pourtant envie de casser ce quotidien presque répétitif et lassant. Je voulais quelque chose de nouveau, qui change complètement ma vie.
Et aujourd'hui, j'ai la douce et mélancolique impression que mes v½ux seront exaucés. Ma vie va prendre un tournant si énorme qu'il m'était impossible de l'imaginer.
Je frottais mes mains gantée de cuir noir dans l'espoir de me réchauffer. Des panaches de fumée blanches s'échappaient de ma bouche pour aller se perdre dans les profondeurs de l'air glacé, quelque part dans le ciel gris. La nuit commençait à tomber, et si je ne voulais pas être en retard, il me fallait hâter le pas. Depuis septembre, ma vie est au point mort. Avec la distance, mes meilleurs amis et moi ne nous adressons plus la parole. Le lycée nous a tous changé. Certains ont pris de la maturité et les responsabilités qui vont avec, alors que d'autres ont découvert les joies de la cigarette, de la drogue qui vous fait divaguer et l'alcool qui vous fait finir dans le fossé. J'ai seulement repris contact avec mon meilleur ami. Un petit bonjour, quelques nouvelles, puis c'est tout. Quant aux quelques fois où j'ai revu ma meilleure amie, je n'ai vu qu'une personne totalement différente avec qui je n'avais absolument rien à voir et que je n'avais aucunement envie de connaître. Quant à la famille, je la vois pendant les repas d'anniversaire, le mercredi après midi et les week-ends. Même si je juge que cela est trop peu. Et puis, depuis juillet 2009, je me suis rendue compte d'une chose peut-être anodine pour vous, mais pas pour moi; j'ai de l'encre dans les veines. L'envie d'écrire me taraude sans cesse. J'aime exprimer mon imagination à travers mots, lignes et phrases. A défaut d'être timide, je retrouve confiance et liberté avec une plume et un vieux cahier. Ecrire est un véritable plaisir. Je m'invente un personnage, dans lequel je m'identifie un tant soit peu, ou qui est totalement contraire à mon caractère. Et j'essaie de le faire vivre avec simplicité. C'est comme-ci, par mon stylo, j'étais maître de son destin, de sa vie. De tout. Sans moi, ce personnage n'existerait pas, et il m'appartient. Cela me donne un semblant d'importance dans ce monde de pouvoir et d'argent. J'aime voir les feuilles blanches qui se remplissent au fur et à mesure, au gré de mon imagination. J'ai relire une nouvelle finie et l'améliorer encore.
Mais j'ai la forte impression qu'une page de ma vie va violemment se tourner aujourd'hui.
Je me félicite du fait que, malgré ce temps à rester chez soi, les tramways fonctionnent. Je me glisse entre les portes automatiques qui commençaient tout juste à se refermer, puis je passai ma carte devant l'un des validateurs, avant d'aller me trouver une place dans le fond, le regard des gens posé dans mon dos. Ce sont presque toujours les mêmes personnes et, à force de voyager avec eux, je les connaissais sur le bout de mes doigts. Tout d'abord, il y a cet homme d'affaire, le téléphone collé à l'oreille, l'attache case sous le bras enveloppé dans une veste de costume sur mesure, et qui ne voit pas qu'il dérange tous les passagers en parlant à voix haute et forte au collaborateur le plus important de son entreprise. Et ensuite, il y a cette vieille dame à l'air malade, le dos plié en deux et à la peau aussi ridée qu'une pomme flétrie, qui revient du supermarché, son cabas posé auprès d'elle. Elle me regarde gentiment et chaleureusement. Sait-elle ce qui va se passer aujourd'hui? Je tournai mon regard vers la vitre pour constater que la neige a cessé de tomber. Je remis en place mon écharpe blanche qui a la fâcheuse tendance à glisser sur mes épaules avant de me préparer à descendre du tramway.
Mais qu'allait t'il donc se passer?
Mes parents n'étant apparemment pas arrivés au point de rencontre, j'en profitai pour me rendre à une librairie tout près du château. Déjà, la vitrine était attrayante et donnait envie de rentrer à l'intérieur. Surtout le livre, là, sur le promontoire. Est-ce bien celui que je recherche depuis des mois? Oui, c'est bien lui! Mais me reste-il assez d'argent pour l'acheter? J'ouvris mon porte monnaie de cuir noir et comptai les quelques pièces qui y étaient, là dedans, à attendre qu'on les dépense. Oui, le compte est bon. Sinon, cette librairie propose un large choix de livres classiques, mais moi, c'Est-ce livre que je veux. Je poussai la porte de verre de la boutique qui émit un tintement joyeux puis j'adressai ma requête au vendeur. Il me sourit brièvement puis tourna les talons vers la réserve. C'était un vieil homme ridé, à la calvitie bien avancée et aux yeux bleus gris ternes, les lèvres étrécies par la vieillesse. Je ne le connaissais pas particulièrement, mais il avait l'air d'un homme qui a travaillé dur pour faire sa place dans la vie sociale, qui a travaillé si fort qu'il s'en est écorché les mains, saigné les quatre veines. Une triste lueur brillait dans son regard clair. Peut-être avait il perdu quelqu'un de cher à son c½ur? Peut-être se disait' il que la vie n'était pas si belle que ça et que malgré tout, il fallait pourtant si accroché comme un naufragé à une bouée et garder espoir? Peut-être ne rêvait' il plus qu'à travers les livres? Tout comme moi? Ah, tous ces livres qui font voyager et tourner la tête rien qu'en en lisant les résumés, toutes ces longues histoires de meurtres et de coupables qui vous font patienter jusqu'à la dernière ligne, le dernier mot.
Etrange, j'avais l'intime conviction que moi aussi, plus tard, j'allais être comme lui.
Je conversai un moment avec lui, attendant un peu que la rafale de poudre blanche et glacée qui s'était de nouveau abattue sur la ville daigne cesser. Le vendeur était vraiment très passionné par son travail. Je lui fis un signe de la main en ouvrant la porte de verre, et lui promis de passer dès que l'occasion se présentera. Il me semblait l'avoir entendue dire «  pauvre jeune fille, tout va arriver si vite! », alors que je fermais la porte. Les trottoirs étaient glissants, et je me félicitais d'avoir choisi des chaussures plates à semelles antidérapantes. Un banc restait libre, sous les remparts du château, sous quelques arbres sans feuillage. Je m'y installais en attendant mes parents. Les passants s'affairaient à droite et à gauche, entrant et sortant des magasins, le pas rapide, des sacs à la main. Peut-être était-ce le fait que Noël approchait qui rendait les gens si actifs?
Je me mis alors à penser aux bons souvenirs des fêtes de fin d'année passées en famille, ces après-midi près du chauffage, emmitouflée dans une couverture polaire et assise dans le canapé avec une tasse de chocolat bien chaud à la main gauche, et un livre dans l'eau. Ces longs moments dans les centres commerciaux, à chercher le cadeau adéquat pour la grande s½ur, le grand frère, les neveux et la nièce, à regarder ce que l'on servira avec la dinde, au soir du vingt quatre décembre, lors du réveillon. Toutes ces conversations, tous ces rires et le tintement des verres de cristal que l'on entrechoquent et dont le contenu nous embrouillent l'esprit, ce moment de convivialité partagé et passé en famille, à se rappeler les bons souvenirs, à se dire qu'une nouvelle année commencera dans une semaine et qu'un an s'ajoutera au compteur. J'ai vraiment hâte d'y être.
Pourtant, j'avais l'impression que cette année, cela ne sera pas pareil. Mais je ne sais toujours pas ce qu'il va arriver.
Je caressai du bout des doigts la couverture luisante du livre, me demandant quand j'aurais le temps de l'ouvrir et d'y perdre mes yeux entre les lignes. Un cri aigu transperça le silence. Je levai mes yeux noisettes vers la rue, étonnée. Une femme poussant un landau... C'est elle qui vient de crier, alors qu'elle s'était arrêtée en plein milieu de la route de macadam. Je portai mon regard, comme elle, vers le lointain, et une grimace horrifiée se dessina sur mon visage. Un conducteur venait de perdre le contrôle de sa voiture à cause du verglas et se dirigeait dangereusement vers la jeune femme et son enfant. Tout se passa très vite.
C'est bien ça, le détail qui va tout changer, j'en suis certaine.
La voiture percuta la pauvre femme, qui dans un dernier geste, avait lancé son landau vers le trottoir d'en face. Mon trottoir. Un cri déchirant, comme un râle, précéda le silence. Le corps inerte roula sur plusieurs mètres avant de s'immobiliser pour de bon. C'est horrible! Je viens de voir mourir cette pauvre dame, de mes propres yeux, sans avoir pu l'aider ni faire quoi que ce soit! Des passants immobiles encerclaient le cadavre sanglant sur la chaussée couverte de neige empourprée. Certains se lamentaient, d'autres demandaient un médecin., ou de faire quelque chose, même s'il était déjà trop tard. Entre-temps, la voiture a fini sa course folle contre un réverbère qui, sous le poids de l'impact, s'est plié en deux. Que sont devenus les passagers? Au fond de moi, je connaissais la réponse, mais refusais de l'admettre. Non, non, ils sont sûrement vivants. J'observai le landau, en contrebas de mon banc, puis j'allais voir la source d'où les pleurs provenaient. Je soulevai quelques couvertures chaudes et duveteuses pour apercevoir le petit être orphelin. De petites boucles blondes entouraient son visage au teint diaphane, et ses deux yeux couleur d'un océan sans fin et sans fond me lançaient des éclairs. Une petite fille entourée de peluches et de poupées de chiffons. Une petite fille à la peau claire et, à ma vue, souriante, et que je n'osais pas prendre dans mes bras de peur de la faire tomber ou de la casser. Allait-elle se rappeler de moi plus tard?
Le vie venait brutalement de séparer un enfant de sa mère. Mais les passagers...
Et la vie allait décider de mon destin dans très peu de temps, si ce n'est pas déjà fait.
Une ambulance ainsi qu'un camion de pompier arrivèrent en trombe sur les lieux, tout comme mes larmes salées sur mes joues. Elles roulaient sur mon visage, puis allaient se perdre dans les plis de mon écharpe. Le personnel des deux véhicules accoururent vers les témoins afin d'aider les personnes secouées par le choc, et afin d'avoir quelques renseignements.. On ne me vit pas, cependant. Ni moi, ni l'enfant. Comme si nous étions conçues de matière transparente et inodore. Comme des... Des fantômes. Du moins, je n'aurais pas à relater les faits. De toute façon, je ne peux pas. Non, c'est impossible. Ce n'est qu'un sale cauchemar, je suis certaine que je vais me réveiller d'une seconde à l'autre, paniquée et transpirante, dans la noirceur de ma chambre. Je retournai récupérer mes affaires sur le banc, pour aller retrouver mes parents. Ils doivent être arrivés, non? Mais bien sûr que oui! Pourquoi ne le seraient-ils pas, hein?
J'observais la neige ensanglantée, à la place du corps -maintenant enlevé- de la jeune femme. On s'occupait à présent des passagers du véhicule dont de la fumée sortait du capot à la taule froissée. L'enfant était entouré de passants et d'ambulanciers, à présent. Non, malgré mes espérances, le conducteur et le passager avant n'étaient plus. Les larmes redoublèrent. Ils sont morts. Des filets de sangs coulaient des sièges pour colorer la neige. Pourquoi... Pourquoi ne me réveillais-je pas?? Des gens curieux regardaient avidement le travail des pompiers. Bon sang! N'ont-ils pas d'autres choses à faire que d'épier comme des vautours sur une vieille carcasse abandonnée en plein milieu du désert?
Pourquoi n'arrivais-je pas à regarder la vérité en face?
Car, dès l'instant où j'ai vu la voiture perdre contrôle, j'ai compris. Mes parents avaient la même voiture, la même couleur, la même plaque d'immatriculation et j'ai même pu apercevoir l'éclat de mon gilet en laine blanc sur la plage arrière.
Les passagers, c'étaient mes parents.
Ils ont voulu éviter d'être en retard et ont appuyé sur l'accélérateur. Seulement aujourd'hui Dame Nature a décidé de rendre les routes gelées et glissantes. Trois personnes sont mortes, et ont fait deux orphelins. Peut-être restait-il encore un père à l'enfant? Arrivés à une vitesse trop importante, ils n'ont pas pu redresser la voiture alors qu'elle glissait dangereusement. Ils ont vu cette femme traverser la route. Ils l'ont vue sacrifier sa vie pour son enfant. Ils ont vu le landau rouler doucement sur la chaussée, comme poussé par un être imaginaire. Ils ont percuté la femme, puis le réverbère...
Je vais prendre le train, faire comme si de rien n'était. Oui, cela ne doit pas être bien compliqué. Mais pourquoi ces foutues larmes continuaient elles de tomber?! Et je lirais mon livre en attendant le coup de fil censé m'apprendre la terrible nouvelle. Ensuite? Eh bien, on verra.
Peut-être le téléphone sonnait' il déjà à la maison. Peut-être avait il déjà sonné? Driiing, driiing...
Je voyais derrière la porte de verre le libraire qui me regardait de ses yeux ternes. Je me dirigeais d'un pas gauche et lent vers la gare, les yeux et les joues humides.
Après tout, ce n'est qu'un mauvais rêve. Je vais me réveiller. Oui, c'est cela. Je vais me réveiller.
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#Posté le dimanche 07 février 2010 06:32

Chronique des songes

" Mais maman..."
" Chut, il est l'heure de se coucher"
" Non, je ne veux pas."
" Dors, maintenant"

Je suis allongée sur le dos, sur un espece de coussin matelassé et capitonné. Comme la cellule d'un fou en camisole, à l'asile. Il fait nuit noire. Je ne vois rien. Je n'entends rien. Je ne sens au toucher que le cuir moite par ma transpiration du coussin. Je manque d'air, je suffoque, j'étouffe. Je panique. Dans un mouvement brusque de la main, j'heurte une paroi au dessus de moi. Je cherche à l'aide de mes doigts. Je touche, je palpe. Oui, il y a une paroi. Je la pousse. Elle pivote légèrement et un rayon de lumière claire et pure m'éblouit les yeux. Un air frais inonde mes poumons auparavant secs et j'entreprends de me redresser. La paroi est poussée sur le côté et ma mère apparaît dans mon champ de vision, entièrement vêtue de noir.
" Dors, maintenant"
Elle pose ses mains abîmées sur mes épaules pour me recoucher. Tiens je porte une robe blanche magnifique et j'ai posé sur moi un bouquet de fleurs. Bizarrement, je me laissai faire et maman m'adressa un dernier sourire avant de claquer violemment la porte du cercueil.
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#Posté le dimanche 21 février 2010 11:34

Chronique des songes 3; le saut de l'ange.

« Ici, ils sont ici! Ils ne doivent pas nous échapper!»

Je me terre dans une pièce sombre, vide de toute lumière extérieure, les genoux repliés contre ma poitrine, dont les poumons sont brûlés par la poussière. J'essayais, malgré leurs protestations douloureuses, de garder le souffle court et silencieux, pour éviter qu'il ne se fasse traître, un ennemi de plus que j'aurai à rajouter sur la liste. Mes yeux bafoués de panique, habitués à la noirceur totale de la pièce, butaient sur des rayonnages boiteux pleins à craquer de babioles et d'objets en tout genre, certainement recouverts, eux aussi, d'une bonne couche de poussière. Une remise, je suis dans une remise.

« Par là, oui, par là! On doit la capturer!»

Une voix rauque donnait des encouragements, perdue dans un mélange de voix masculines qui se répondaient. Un sentiment de peur, une bouffée de panique, et une fine impression que je devrais fuir me submergèrent tous en même temps. J'avais beau, contrôlée par ce cocktail explosif d'émotions, vouloir me lever et prendre mes jambes à mon cou, je restai immobile, aussi désarticulée qu'une vilaine marionnette sans fils, poussiéreuse et abandonnée dans un placard. Non, une remise, abandonnée dans une remise. Une main s'agrippa à mon poignet, perdit prise et attrapa en dernier recours ma main.

« Viens! On ne doit pas rester ici.» Me dicte une voix d'un jeune adulte

Je me relève dans la foulée de cette parole inattendue, il ouvrit la porte, nous débouchâmes sur un long couloir, qui ne paraissait avoir ni début, ni fin, et que nos jambes entamèrent, prises du fol espoir de pouvoir s'en sortir à nouveau. Nous, lui et moi, reliés seulement par nos mains moites enlacées, nos peaux collées l'une à l'autre. J'aimerais mettre un nom, un visage, des souvenirs sur ce il, mais tout ce que je connais de lui, c'est sa main de la mienne, cette silhouette devant moi, qui court à perdre haleine, son envie de nous voir vivants tous les deux. Il espérait pour moi, il se battait pour deux, alors que moi, je desserrai les poings, alors que je voulais qu'on m'attrape, une bonne fois pour toute. J'étais lassée d'être la proie, la souris du Chat Perché, la récompense, le gibier du chasseur.
Des multitudes d'ombres noires, carrées et masculines nous poursuivaient dans l'obscurité, agitant nombre de faisceaux lumineux. Je tournai la tête vers eux, et toute cette lumière, qui annonçait notre défaite et leur victoire m'éblouis et, sans cesser de courir, je tendis ma main libre vers eux, pour qu'ils la saisissent et m'attirent à eux. Suis-je bête, ils sont bien trop loin. Je ne sais pas qui sont ces grandes ombres qui me veulent, ni dans quel but ils me poursuivent.
Le couloir débouche enfin sur un escalier industriel en colimaçon, bancal et rouillé qu'il commençait à gravir, tirant désespérément sur ma main. Pendant un temps indéfini, mes jambes ne m'obéirent plus, ne lui obéirent plus, comme pour protester contre ce jeune homme que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, et qui me voulait libre et vivante.

« Dépêche-toi, enfin!»

A chaque pas que je posais sur une des marches, il me semblait voir cet amas de ferraille s'effriter et tomber en morceaux. Cet escalier se faisait menaçant, nous tendait des pièges a chaque marche mal formée, à chacun de ses grincements. Il voulait notre perte, j'en suis convaincue. Nous gravîmes ce monstre de fer, trébuchant, râlant, se perdant, cherchant l'autre d'un ½il angoissé. Un seul palier terminait ce long escalier, seule issue possible. Nous posâmes tous deux, comme d'une seule âme, nos mains sur la poignée et nous l'ouvrîmes, désireux de savoir ce que nous dévoilerait cette porte.
Avec une hauteur d'environ cinquante mètres, nous avions une vue imprenable de la ville illuminée. Oui, une ville aux maisons enflammées, au peuple hurlant, qu'on sabrait, qu'on égorgeait, et dont les cris nous déchiraient les oreilles. Nos visages fouettés par la brise vive et froide de la nuit nous laissâmes nos corps tomber dans le vide, tels deux marionnettes sans fils abandonnées
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#Posté le mercredi 14 juillet 2010 03:06

Naya'Lune: Le monde du rêve

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#Posté le mercredi 14 juillet 2010 03:16

Les tourbillons de Loelia

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#Posté le lundi 30 août 2010 13:00

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